L'histoire du BIPE

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Le BIPE, une marque reconnue depuis 1958

Acteur des débats économiques et stratégiques

Créé par l’État et de grandes entreprises françaises (EDF, Renault, Lafarge…) souhaitant disposer d’un outil de prévision indépendant, le BIPE a apporté sa contribution à la plupart des grands débats économiques et stratégiques en France.

Ce n’est pas un hasard si le BIPE naît en 1958. À l’origine du BIPE, et ce qui en fait son originalité, se trouvent, en effet, trois éléments fondateurs : un moment historique, des personnalités emblématiques des trente glorieuses, un projet porteur d’une ambition  économique nationale.

 

FRANÇOIS BLOCH-LAINÉ ET CLAUDE GRUSON,

DEUX HOMMES AU SERVICE DE L’INTÉRÊT GÉNÉRAL

 

François Bloch-Lainé (1912-2002)

 

Docteur en droit et diplômé de l’École Libre des Sciences politiques, François Bloch-Lainé a consacré une grande partie de sa vie au service de l’État. Inspecteur des Finances en 1936, résistant sous l’occupation allemande, il devient directeur de cabinet de Maurice Schumann au ministère des Finances. Il prendra ensuite la direction de la Caisse des Dépôts, en 1952, puis celle du Crédit Lyonnais en 1967. Acteur passionné de la société politique et économique, souvent représenté comme figure de proue d’une nouvelle génération de serviteurs de l’État, il s’intéresse également de près aux questions de l’entreprise (il publie « Pour une réforme de l’entreprise » en 1963). Jusqu’à la fin de sa vie, il restera un militant associatif très actif.

 

Claude Gruson (1910-2000)

 

Ancien élève de Polytechnique et de l’école des Mines, Claude Gruson quitte rapidement son corps d’origine pour devenir Inspecteur des Finances en 1935. Aux côtés de François Bloch-Lainé, il joue un rôle-clé dans la définition du Plan au début des années 50. En 1952, il obtient de haute lutte la création du Service des études économiques et Financières (SEEF) au sein du ministère des Finances. Il quitte le SEEF pour l’Insee dont il sera Directeur général de 1961 à 1967, avant d’entrer à la Compagnie Bancaire. Il restera Président du BIPE de 1969 à 1989.

 

Les premiers clients : Renault, Lafarge, Saint-Gobain et les autres…

Aux côtés de François Bloch-Lainé et de Claude Gruson, six autres membres fondateurs ont joué un rôle important dans la naissance du BIPE :

 

Marcel Boîteux

Directeur des études économiques d’EDF
dont il deviendra directeur général en 1967.

 

Marcel Demonque

Président de Lafarge de 1959 à 1974 et figure
marquante du patronat chrétien.
 

Pierre Dreyfus

Ancien fonctionnaire résistant,
p
résident de Renault de 1955 à 1975.

 

Paul Huvelin

Directeur général de Kléber-Colombes, futur président du CNPF, ancêtre du MEDEF.


Roger Martin

Ancien haut-fonctionnaire, PDG de Pont-à-Mousson (qui fusionnera avec Saint-Gobain).
 

Jean Ripert

Économiste, futur directeur général de l’Insee et Commissaire général au Plan.

 


Un environnement favorable aux réformes

L’année 1958 marque une coupure importante dans l’histoire économique et institutionnelle de la France. Avec la création des institutions de la 5ème république, et l’entrée en vigueur du Marché Commun à la date du 1er janvier 1959, c’est à l’émergence d’une France nouvelle qui se tourne résolument vers l’avenir que l’on assiste. Le changement correspond alors à une politique de modernisation et d’ouverture : modernisation des institutions via un parlementarisme rationalisé et la mise en place d’une forme de présidentialisme, d’une part, et, d’autre part, ouverture à l’Europe et adhésion aux politiques communautaires, conformément aux engagements pris dans le traité de Rome. Les contraintes économiques et monétaires ne tardent pas cependant à se faire sentir : le franc est dévalué de 18,5% en décembre.

 

La vision des fondateurs

Le BIPE est un organisme bien né. Ses pères fondateurs sont deux figures marquantes de la période des Trente Glorieuses. François Bloch-Lainé est alors Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations : sa carrière de haut fonctionnaire l’a conduit à exercer des responsabilités dans les  grandes institutions économiques et financières dès 1945. Claude Gruson est le directeur du  SEEF (Service des études économiques et financières) du ministère des Finances qui deviendra en 1962 la Direction de la Prévision : introducteur  en France de la comptabilité nationale et des budgets économiques basés sur des  prévisions économiques, Claude Gruson est mieux que quiconque qualifié pour engager des actions destinées à développer et moderniser le système d’information économique. Ces deux grands commis de l’État sont, chacun à leur manière, au sein d’une administration encore marquée par l’économie concertée des années 50, des entrepreneurs : animés par une vision de l’intérêt général, ils sont convaincus de la nécessité de l’« action économique » et, partisans avant la lettre, du partenariat public-privé.

 

Une association pour rapprocher public et privé

Le BIPE naît sous la forme d’une association présidée par François Bloch-Lainé et composée de membres représentatifs des entreprises, des administrations économiques et des groupements professionnels. Son projet est clairement affiché dans le premier article de ses statuts : « mettre en œuvre un système d’informations et de prévisions économiques en liaison avec les entreprises, les établissements publics, les administrations ». À sa naissance, le BIPE se compose de 11 membres fondateurs et d’une trentaine d’entreprises associées adhérentes qui sont destinataires des travaux de l’association. Son premier directeur général est un collaborateur direct de Claude Gruson et membre actif du groupe des premiers comptables nationaux : Henri Aujac, économiste reconnu ayant débuté auprès de François Perroux à la fin des années 40, est chargé de mettre en place le nouvel organisme et d’animer ses équipes. Il le restera jusqu’en 1971 où il deviendra conseiller scientifique du président.


Des principes toujours d’actualité

Les principes fondateurs sont posés à la fin de l’année 1958. La naissance du BIPE correspond à  une période de forte mobilisation de l’ensemble des acteurs de l’association (membres fondateurs, entreprises adhérentes, en particulier les entreprises nationalisées, et les collaborateurs salariés). L’activité s’organise dès l’origine autour de trois objectifs. En premier lieu, les fondateurs souhaitent organiser la collaboration entre les entreprises et les services prévisionnels et statistiques de l’État. De même, ils souhaitent tenir informer les entreprises des méthodes de prévision macro comme microéconomique : cela suppose un effort important d’information et de formation en direction des cadres dirigeants et des économistes d’entreprise. Enfin, ils se donnent pour but d’élaborer des prévisions à court, moyen et long termes en utilisant les expériences et connaissances de l’ensemble des sociétaires.

La confrontation des analyses des uns et des autres autour de ces objectifs communs est la règle. Un lieu de dialogue constructif vient de naître. Il ne tardera pas à donner des résultats concrets.

Pendant les années 60-80

Le BIPE participe à la reconstruction d’après-guerre : l’équipe du BIPE réalise ainsi des travaux sur les filières, avec une première application à la filière BTP.

Le BIPE participe également à la tertiarisation de l’économie : contribution au plan Calcul, précurseur de l’économie numérique.

Dans les années 1970, le choc pétrolier et le développement d’énergies alternatives amènent le BIPE à travailler sur le premier tableau de bord pour l’environnement à la demande du premier des ministres chargés de l’Environnement.

L’équipe du BIPE travaille également sur des problématiques liées à la construction européenne : étude sur le coût de la non-Europe, dans le cadre du rapport Cecchini à la demande de la Commission Européenne.

De 1990 à nos jours

Avec la réforme de l’assurance-maladie, le BIPE réalise un travail d’analyse du marché pharmaceutique et de l'évolution des remboursements des médicaments.

Durant la même période le BIPE fait une étude prospective de la situation sur le marché du travail dans la filière des industries manufacturières.

La suppression de la publicité sur les chaînes publiques de télévision entraîne la nécessité d’une évaluation de l’impact financier de différents scénarios d’« assouplissement réglementaire du volume publicitaire télévision ».

Le BIPE est également un des précurseurs dans la réflexion sur le développement durable, avec notamment une étude de l’impact économique du Grenelle de l’environnement sur trois bassins d’emploi.

Le débat sur le pouvoir d’achat permet la construction d’un indicateur dit de Pouvoir d’Achat Effectif (PAE) évaluant l’évolution annuelle du pouvoir d’achat par tête et reflétant plus fidèlement la perception qu’ont les ménages de l’évolution du « niveau de vie ».

À la pointe des thématiques qui font l'actualité, le BIPE reste résolument moderne et tourné vers le futur.


Depuis 2008 le BIPE est présidé par Pascal Le Merrer